dimanche 5 mai 2013

Pérou - Mai 2013 - Cañon del Colca (2) + Photos

Ah la la ! Merci d'avoir été patients ! Chose promise, chose due : récit du Cañon del Colca et de mes multiples décès...

Mais d'abord, commençons par le commencement, il paraît que c'est comme ça qu'on fait.

Nous avons choisi de prendre un guide, en suivant recommandations internet (Trip Advisor et blogs personnels de voyageurs avant nous) : Johselm Canto (Facebook et johselm [a] gmail. com). C'est lui, si vous suivez bien, qui nous a accompagnées dans Arequipa le jour de notre arrivée, depuis la gare du bus jusqu'à la perte de mon appareil photo ;o), et même après avoir assisté à ma crise de larmes due à la fatigue et à la 3e perte d'objet en moins de 15 jours... Alors s'il a survécu à ça (et mon autre crise dans le canyon, mais chaque chose en son temps), il est BON. Non, sérieux, super sympa et efficace. Rien à redire.

Jour 1 :

Départ de l'hostal Scandinavia à Arequipa vers 3h du matin par minibus, objectif : 5 heures de route jusqu'au canyon... Youpi... On dort comme on peut (on ne peut pas vraiment, mais on essaie), on s'accroche en même temps, parce que les amortisseurs de ce mini-bus ont assisté à la naissance de vos grands-parents, et ça tourne dans tous les sens... Mais une fois qu'on a trouvé LA position (secret : poser sa tête sur l'appuie-tête du siège de devant, quand celui-ci est assez proche), on arrive à "dormioter" (= plus ou moins dormir un peu). On entend quand même ce qui se passe : "ah tiens ! on est à 5000m d'altitude !". Finalement, quand le jour finit par se lever, on ouvre les yeux (parce que oui, le monsieur conduisait sur cette route en pleine nuit, vous verrez ce que vous verrez), et on arrive à Chivay, premier arrêt pour le petit déjeuner, à 3h d'Arequipa environ. Premier contact avec une infusion de coca : bon, ben c'est des feuilles, hein, ça va pas avoir un goût de malade non plus, ça m'a rappelé la soupe que je faisais à mes poupées en prenant les feuilles des arbres au Diamant... Des feuilles, quoi. Les buveurs de thé aimeront, les autres trouveront que "ben c'est des feuilles". Enfin bref, on a compris, mais il paraît que ça fait plein de choses, notamment ça aide à lutter contre le sorroche ou mal des montagnes. Ils en font aussi des bonbons pour les pigeons... Euh, pardon, les touristes.
Ensuite, départ pour la 2e partie de la route... Et ça n'arrête pas de tourner, hein, on est dans un canyon au Pérou, par sur l'A1 direction Lille. Jolis paysages sur la route, on a pu faire des photos "grâce" à une des voyageuses qui était malade et qui a nécessité un arrêt...






Puis arrêt prévu au niveau du point de vue Cruz del Cóndor pour... admirer des condors !! Si, si, ça porte son nom. Bilan de l'opération : 1 aigle, et un demi condor...


C'est un aigle...

C'est le même aigle...

Point de vue Cruz del Cóndor

Nous avons donc continué notre route, après que le chauffeur ait gentiment changé la roue bien crevée (depuis quand ?? merci les amortisseurs, de toutes façons on n'a pas senti la différence). La route est poussiéreuse, petites pierres et compagnies, on a quitté le bitume il y a quelques kilomètres.
On traverse quelques villages, il est maintenant environ 9h du matin, les yeux sont ouverts.

A 10h, on arrive un peu avant la ville de Cabanaconde, point de départ de notre enfer... euh, pardon, trek. On enlève la polaire, on prend les bâtons de marche ("ben, pour quoi faire, eh ! ça m'embarrasse, moi, ça !" => ouais, tu verras cocotte), on se tartine de crème solaire, casquette et vogue la galère !
Bon, c'est plat. On s'arrête pour voir les plantes, les abeilles de terre, un condor qui vole en cercles au-dessus de notre tête ("euh... il reste pas un peu longtemps au-dessus de nous, là ??") => FACIIIIIIILE le Cañon del Colca !!! Beau temps, mais quelques nuages pour protéger un peu du soleil, vraiment bonnes conditions.








Puis la descente... Nous apprendrons plus tard que cette descente fait 9 km... "Ah ouais ? Tiens, j'aurais dit 154 km, moi !!". Dites au revoir à vos mollets. Johselm nous montre un pont, qu'il dit que après le pont, on mange... Je n'ai pas vu le pont quand il l'a montré. Je l'ai vu après, mais je pense que c'est un pont mobile : plus tu te rapproches, plus il s'éloigne, ce con... euh, pont. Johselm nous montre aussi le village dans lequel nous allons dormir : "ah oui ? vraiment ? les toits blancs à mi-hauteur du flanc opposé du canyon ? T'es sûr ??".


Notre objectif du lendemain, visible au début du trek, connu sous le nom de Oasis de Sangalle, également connu sous le nom de Paradis...

Notre objectif du jour...
On se rapproche...

On est en bas !!


On vient de par là, tout en haut à droite...


Enfin bref, on y arrive, au-dit pont. Super !! On va manger !! C'est qu'il est bien 13h30-14h, on a faim et plus de mollets. Ah ben non, en fait, il y a juste encore une PETITE portion avant le village de San Juan de Chuccho, notre lieu de repas. Et là, c'est le drame. Première montée, premier décès de moi. Alors la cardio, je confirme au cas où certains auraient des doutes, ce n'est pas mon truc. Elle est pas longue, hein, la montée, mais je décède une première fois "j'ai faim, j'ai mal aux mollets, laissez-moi pourrir dans ce canyon". Ambiance...
Bref, 15h, San Juan de Chuccho, repas, on se dit que c'est presque fini. AAAAAAH HA HA HA HA HA HA HA HA !!!! Malheureuse !!! Tu rêves ! Non, encore 2h30 annoncées pour rejoindre Cosñirhua, village du chef Señor Mauricio, où nous allons passer la nuit, et certaines assouvir leurs pulsions meurtrières (ouh le suspens !!)... Bon, début plat, on croise une petite rivière, ouh c'est joli... Et là, deuxième et troisième décès en même temps : la montée de ouf que tu sais plus comment tu t'appelles... Sérieusement ? J'en ai pleuré. Mais on a pris moins de 2h : arrivée à 17h pour le groupe, 17h10 pour moi... Eh ouais !! Et vous savez quoi ? En montant les derniers mètres, après avoir engueulé le pauvre Johselm qui me disait que j'étais médecin et que je pouvais faire plein de choses ("ah ouais ?! et à quoi ça me sert MAINTENANT, hein ?!!?!"), après avoir glissé quelques fois sous la petite pluie qui avait commencé juste avant la montée, vous savez ce que j'ai pensé ? Je vais vous le dire : "Si je tombais maintenant, je crierais "Nooooooooooooon !!!! J'y étais preeeeeeeeeeeeeesque !!! Meeeeeeeeeeeeeeeeeerde !!!"... Ah le manque d'oxygène...

Malheureusement, pas de photos pour cette portion, désolée, trop occupée à mourir.

Cosñirhua : un plat traditionnel du Pérou est le cuy, sorte de gros cochon d'Inde (à prononcer "couille", oui, vraiment). Et pendant ce trek, à ce village, il était possible, pour ceux qui voulaient, de prendre part à la préparation du cuy, du DEBUT à la fin. Et oui, ça commence en choisissant puis en tuant la pauvre bête. Pas possible pour moi, possible pour certaines, je vous avoue que je ne dors plus tranquille la nuit, avec de telles compagnes de voyage... Mais bon, ça nous a permis de goûter, et franchement, c'est pas mal ! Pas beaucoup de viande, pas très cuite (frit à la poêle), mais bon goût. Puis nuit au village, dans une chambre aménagée avec lits, couvertures, électricité... Douche avec eau chaude à l'extérieur ! Une bonne nuit annoncée, après 7h de marche.


Les futures victimes...

Les pauvres !! Ils sont tout mignons !!

Une bonne nuit qui s'annonce...

Le village d'après

Vue d'en face

Lever de soleil sur Cosnirhua

Cosnirhua

Cosnirhua

La même vue au lever du soleil




Jour 2 :

Programme : départ à 8h, 2h30 de marche jusqu'à l'oasis de Sangalle, également aperçu du haut de la descente du J1 (graal). FACIIIIIIIILE !! Plat, plat... Ah ! Descente... En gros, plat pendant une quarantaine de minutes, gare au vertige quand même, on marche avec la montagne à droite et le vide à gauche en pente genre éboulement de terrain...


Une partie de la descente de la veille...
Vue du canyon

Pont n°1 : zoom à fond

Pont n°1 : distance réelle...

Cosnirhua et le village d'à côté derrière nous

Anciennes terrasses à notre droite
Puis descente un peu à pic (surtout avec les mollets meurtris) pendant 1 heure peut-être.


On retrouve la vue de Sangalle (on était bien loin, on ne le voyait plus !! On ne savait plus pourquoi on marchait !!)



La montée du 3e jour... MUUUUUULA !!!

Pont n°2

Puis pont. Ah ha !! Maintenant je connais la feinte : le pont est un piège. Eh bien oui : montée encore après le pont. Mais bon, petite montée. Mais petit décès aussi (cardio, tout ça). Il est environ 10h quelque chose. Et là : PISCIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINE !!!!!!!! Johselm a dû nous laisser descendre tous seuls parce qu'il devait aller rencontrer un autre groupe dont le guide avait eu un problème (petite grosse cuite le lendemain) : il nous a accompagnés jusqu'au niveau de la descente, est retourné en sens inverse au premier pont (celui du J1) récupérer le groupe orphelin, a refait le chemin dans le bon sens avec eux, jusqu'à l'oasis directement parce qu'il s'agissait d'un groupe qui faisait le trek en 2 jours / 1 nuit (les fous-furieux, quoi)... Quel surhomme ce Johselm ! Ils sont arrivés vers 17h. Nous, on avait BIEEEEEEEEEEEEEEEEEEN rien fait au bord de la piscine.









 




Choix pour le lendemain : montée de l'oasis à Cabanaconde (boucle, pas refaire tout ce qu'on a fait, hein) en 3h annoncées, 4h prévues pour être large, départ à 4h du matin parce que petit déjeûner à 8h30 à Cabanaconde... Ou location d'une mule (avec le muletier qui va avec, hein, pas tout seul avec sa mule), départ 6h parce que la mule monte vite => MUUUUUUUUUULAAAAAAAAAAA pour moi.


Jour 3 :

Départ 6h30 avec la mule (je n'étais pas la seule, hein, nous étions 5). Les autres sont effectivement partis à 4h, en pleine nuit, pour ascension tranquille à la lueur de leur lampe frontale... Les fous-furieux bis. J'ai envie de dire : "La mule ? Des sensations... FORTES". Vous voyez les montagnes russes ? Avec le truc de sécurité qui descend sur vos épaules, vous avez peur dans la première montée genre "Non !! Je ne voulais pas y aller, en fait !! S'il vous plaît ? Ya quelqu'un ?? AAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaaaaah !!" et puis ensuite "Hahahahahahahahahaha (rires)" dans la descente et les virages d'après... Ce n'est pas de la peur, c'est de l'excitation. Eh bien pour les mules, c'est pareil, sans le harnais sur les épaules, et sans le "hahaha (rires)" dans la 2e partie... En fait, c'est tout comme la première partie des montagnes russes, et pour tout harnais de sécurité, vous avez vos 10 doigts qui s'accrochent à la selle (il y a un rond en avant de la selle, ce ne sont pas des barbares, non plus...). Et on ajoute une mule un peu pressée derrière qui veut dépasser "euh, s'il te plaît ? le chemin fait 1m de large, à gauche tu as un mur et à droite le vide... Tu peux ne pas me dépasser... Ah ? Non ? Tu t'en fous en fait ? Bon, d'accord...". On ajoute aussi la mule personnelle qui est parfois un peu pressée ou revancharde qui colle et qui veut re-dépasser la mule qui l'a dépassée 10 minutes avant... Même dialogue intérieur... Et c'est marrant, Johselm nous avait dit de faire confiance aux mules, et de ne pas avoir peur (phéromones relâchées quand on a peur, la mule les ressent et peut faire des bêtises)... Alors je veux bien, mais des fois, c'est DUR. Alors on encourage sa mule intérieurement "allez, vas-y ma mule !". Et puis des fois, la mules est fatiguée et dérape un peu aussi... Même pas peur !! Sauf que deux ou trois fois de suite... Donc bon, ce n'est pas la même difficultés, nous sommes d'accord, que ceux qui marchent.. Mais c'est éprouvant !!! D'une toute autre façon. Et puis ceux qui ont le vertige... Disons que à droite, ben c'est le vide, et qu'on est perché sur une mule dont on ne voit pas les pattes... Alors elle a beau savoir ce qu'elle fait, on espère qu'elle n'est pas suicidaire !!! Et on meurt une grosse dizaine de fois...



Départ à 6h du matin... Il fait noir, mais le soleil extrêmement vite, en 10 minutes il fait grand jour, comme en Martinique !

Arrivée au sommet : on est content, qu'on ait marché ou qu'on soit monté à dos de mule, ça fait du bien quand ça s'arrête ! Et la vue est magistrale. 



Petit déjeuner à Cabanaconde, mais avant, encore une petite vingtaine de minutes de marche, sur du plat (on est au sommet). Quand on se trompe de chemin parce qu'on s'arrête pour prendre des photos, compter 30 minutes...




8h30 : départ en bus pour le retour avec quelques arrêts prévus en chemin. "Ah bon ? Comment ça pas de bus ?? Ah ! Il a crevé en venant... On attend alors... Pas graaaaaave ! Plaza de Armas de Cabanaconde, plein soleil, pas d'ombre. Nickel. C'est pas comme si on vient de mourir 20 fois en 3 jours, on peut encore attendre un peu..."







9h45 bien tassées, le bus arrive enfin. Bonne surprise : plus confortable que celui de l'aller. Mauvaise surprise : il fait jour sur la route, donc on verra TOUT (tous les virages, tout le vide)... Des arrêts point de vue, village (Maca), photos... Et puis déjeuner. Mais avant : sources chaudes naturelles de Chivay ! A priori bien agréables, pas testé... Très franchement, j'en étais au point où j'avais la flemme de me déshabiller, mettre mon maillot, me sécher après, enlever mon maillot, me rhabiller... Vraiment. Et puis j'aime pas trop les bains dans de l'eau chaude... Je trouve ça pas très agréable (moi et la chaleur). Mais bon, ceux qui ont testé ont apprécié ! Ensuite repas à Chivay, puis en route vers Arequipa !! Arrêts photos volcans (en activité ! au loin) et lamas... Coucher de soleil sur les volcans... Arrivée à Arequipa et à l'hostal Scandinavia à 18h40. A la douche à 19h15 (le temps de me mouvoir jusque là), petit message pour dire que je suis plus ou moins vivante, au lit à 20h ou 20h30, trop fatiguée pour regarder. Nous n'avons donc pas pu retourner à Santa Catalina...


Point de vue // View Point :









Maca // Maca :







Monica l'alpaca !!


Sur la route // On the road :


Volcan en activité...







Lamas // Llamas :
















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